Mon contact au quotidien avec ces travailleurs me permet de dire, sans me tromper, qu’ils reflètent l’esprit même de la création de cette Cité, qui se veut une plateforme de discussion sur l’histoire de l’Immigration.

90% des travailleurs sont des immigrés ou des enfants d’immigrés ; cela se voit et s’illustre à 12h au réfectoire par les multiples mets qu’ils apportent tous les jours : attiéké (plat ivoirien à base manioc), le mafé (plat camerounais également avec du manioc et du poisson). D’autres dont je ne connais pas le nom, mais dont je devine l’origine en connaissant les ouvriers : des plats tunisiens, indiens (du pain roulé), antillais, portugais, turcs, algériens, pakistanais, maliens... Autour d’une même table, les ouvriers se rassemblent par entreprise et par affinité. Par exemple pour l’entreprise en charge de l’électricité déjeunent ensemble des ouvriers tous Français mais d’origine ivoirienne, zaïroise, comorienne, turque et un Français de « souche mutli-séculaire » c’est-à-dire de métropole et plusieurs des Dom-Tom.
En tout, sur plus d’une soixantaine d’ouvriers qui émargent chaque jour, j’ai compté en moyenne 13 origines différentes pour l’instant ! Et essentiellement en voyant ce qu’ils mangent et au regard de leur prénom ou de leur nom.

Jules Assa
Agent de sécurité pour la société SPI